mercredi 24 août 2016

Childless et "Je sais"



Je n'ai pas d'enfant, n'en veut pas. Ça tombe bien, la société préfère que je n'en ai pas. Parce que je suis psychotique et que dieu sait ce que ça donnerait ma foi.

Très honnêtement ça a été beaucoup en raison de mes troubles que par le passé je n'ai pas eu d'enfant, de mes troubles oui, mais aussi de l'absence de partenaire stable dans ma vie. Je ne me sentais tout simplement pas capable d'élever seule un-e enfant. Et je n'en avais pas envie, parce que l'envie d'enfant défonce tout, je crois.

Petite fille je n'avais pas de poupon, grande fille je me projetais pilote d'essai pas maman du tout (quoi que ça ne soit pas incompatible), ado je refusais avec fougue cette idée, adulte je m'en carrais.


Aujourd'hui je suis stable et avec un partenaire très stable (et qui ne veux pas d'enfant) Mais mon choix n'a pas changé, malgré, je me dois de le dire aussi, une angoisse diffuse à l'idée d'être sans descendance (le fameux "quand tu seras vieille" sauf que prout)

Cependant, malgré ce qu'on me dit "je sais ce que c'est".


Une de mes meilleures amies est tombée enceinte voilà une dizaine d'années. Elle était en "couple" libre avec un ami. Il avait déjà trois enfants. Par ailleurs, infirmière, elle suivait des études d'infirmières anésthésiste. Enfin, elle avait depuis quelques années un fort désir d'enfant.


J'ai su la grossesse avant elle quand elle m'a dit "boh, j'azi u  léger retard. Et des nausées"
J'ai su la première qu'il y avait deux bébés. J'ai eu la primeur de l'echo.
En arrêt maladie je m'occupais beaucoup de ma pote. Quand elle m'a demandé que faire j'ai dit "je crois que tu le veux" "et mes études ?" "tu as déjà un métier" Je pense qu'elle me croyait de tout crin pro avortement pour toutes tout le temps.

J'ai suivi l'arrondissement, c'est moi qui prenait le ventre et la meuf en photo, qui m'enqsuerrait de tout, qui visitait. J'étais en arrêt longue durée.

Je me sentais bizarre : je ne connaissais personne de ma génération ayant un bébé. Je croyais que j'allais décompenser. La blague, je faisais ma couvade en fait.

J'ai été là quand l'amie a été hospitalisée pour hypertension, j'ai tricoté des layettes plus que minuscules, taille préma, j'ai fait visite quotidienne à l'hôpital. Et puis un jour, sans nouvelles, j'ai appelé et elle m'a dit "j'ai eu des toutes petites filles"


Je me rappelle qu'Agathe pesait 2.100kg et Aglée 1.800kg, elle etait en  couveuse.


J'ai eu le droit de le voir via la néonat, à travers une vitre.

J'ai amené ma layette (que les sage femmes ont kiffé) et j'ai attendu, hyper anxieuse : je savais Aglaée minuscule et sondée.

Quand je les ai vues, un attachement immédiat et incroyablement fort s'est produit. C'était pas que c'était les plus beaux bébés du monde, c'est que j'aurais tout fait pour elles, inconditionnellement, tout.


Et je le pense encore. Alors que la pote et moi on s'st éloignée, que j'ai pas vu les petites filles(criblées de photos a l'époque) depuis des années. L'une, l'autre ou les deux peuvent debarquer à ma porte n'importe quand et dire j'ai tué trois personnes, je les protegerais sans jugement. Je n'appelle que rarement, pas de cadeau à Noeal, mais je les aime toujours pleinement et inconditionnellement. Plus que mes propres nieces.


Alors je sais ce que c'est d'avoir des enfants. Et que ça ne m'a pas donné l'envie de faire des enfants. Que plein de mères psychotiques élèvent très bien leurs enfanst, seules ou pas. Mais que moi, j'en veux pas. Ca se sent ou pas. C'est pas plus con que d'avoir envie d'en faire, ni plus définitif, non?


Alors, paix sur les childfree.

Et promouvons la sterilisation contraceptive, en plus du DIU et de l'implant.

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