vendredi 2 septembre 2016

"Vous pouvez comprendre" : Ras le cul !





Cet article est garanti sans #NotAllPsy et sans #OuiMaisIelsOntDeBonsCôtésAuFond et sans #NotAllNT

Aujourd'hui je me suis triturée le cerveau pour la millionième fois dans mon parcours de soignée pour élaborer ma demande d'entretiens infirmiers auprès de ma psychiatre, en Octobre. Pourquoi préparer si soigneusement une simple demande de soins ? Parce que, comme me l'avait dit une fois mon ancien psychiatre "Vous êtes trop "bien" pour bénéficier d'aide, mais trop malade pour vivre bien"

Oui, je suis le plus souvent calme en hôpital, oui, je semble parfaitement normale garantie NT sans OGM élevée sous la mère et oui, j'AI ÉTÉ infirmière et comprendre je peux mais tout supporter je veux plus.

Alors je suis calme et j'ai un bon accès à la communication. On me dit même pertinente, cultivée, blabla. C'est pas une raison pour laisser passer les vols à mon égard, le harcèlement et les agressions sexuelles que je subis, les insultes, le "vous pouvez comprendre, vous n'êtes pas comme eux" est méprisant envers les personnes plus délirantes/aux symptômes plus flamboyants/plus invalidés et injuste pour moi. Si je ne me défends presque pas, c'est parce que je sais que me pendent au nez l'exclusion ou la contention si je gueule ou tire une tarte.
Être hospitalisé-e en HP, ce "c'est pas le Club Med", n'est pas facile ami-e-s soignant-e-s. Vous qui passez 8h/j (dont 5 dans le bureau) avec les fous en crise, vous êtes déjà en burn out. Alors H24, quand on est soit même fou-folle en crise, pardon hein, mais c'est parfois insupportable.
Me coller une patiente déficitaire cognitive dans ma chambre, très exaspérante car vient sans cesse au contact, parc que moi "je suis calme" "je suis bien" et "je peux comprendre" c'est de la maltraitance, c'est juste qu'avec d'autres usagères en chambre elle se ferait cogner, c'est me faire subir son bavardage incessant à 5cm même quand je suis dans mon lit sous les couvertures et c'est insupportable, quand j'ai du mla à me reposer, quand ma chambre est mon refuge contre les grands délirants. Et ce qui est encore plus insupportable, c'est qu'alors qu'à la base immensément angoissée, dépressive, sub délirante, je me vois répondre des "vous êtes à l'hôpital". Sérieux ? Je me croyais à un cocktail entre gens de la haute.
Quand je me fais harceler dès cinq heures du matin par le mec qui me demande en boucle une pipe c'est "oui il est comme ça" "on ne peut rien faire" "il est pas comme vous vous pouvez comprendre" Allo ? Je l'ai jamais entendu demander une pipe à une infirmière, c'est donc bien que malgré tout "il peut entendre" Il n'est même pas "repris"
Comme je "suis bien" (morte de lol), quand je signale des cafards dans la piaule on me dit de "signaler ça à une personne de la gestion entretien" Ah ben oui tiens, je vais faire ton boulot. Et je demande à la personne d'entretien "faut m'amener une des bêtes qu'on sache ce qu'on est" Nom d'un chien, et après on me dira d'aller acheter le matos de désinsectisation ?


Des anecdotes comme ça j'en ai plein.

Être "trop malade mais trop bien en même temps" (j'ai même eu le droit à "vous n'êtes pas tout le temps schizophrène" j'avais répondu avec cet humour qui plait tant "Je suis tellement schizophrène que la moitié du temps je le suis pas") me vaut aussi, hors hospit, un allègement massif des soins : ma psychiatre donc veut ne me voir que tous les six mois. Puisque je vais bien. Simplement, je vais bien parce que j'ai des soins. Je le sais quand on les espace trop, ça va plus. L'addicto m'a fait le coup j'ai rechuté (j'ai pas l'air d'une vieille alcoolique non plus, en fait boire 1l de pastis par jour ça passe bien si en rdv tu parles normalement et que tu fais ton âge et pas vingt ans de plus) Donc je veux des entretiens infirmiers genre tous les 15j.

Et aujourd'hui je me suis surprise à me torturer parce que moi on me demande "et pourquoi ?" on me demande "quel est le sens de ce soin" et autres demandes de justification. Alors, si un psy s'apprete à me le demander spoiler alert : parce que je veux pas rechuter. Parce que la psy c'est aussi des soins rapprochés à des gen-tes qui vont à peu près bien qui le demandent justement en ce moment je suis en capacité de le savoir

Au premier entretien c'était le refus d'enlever le Baclo et si je n'étais pas d'accord "vous pouvez chercher un autre psychiatre" n'est-ce pas. Pour l'enlever au second et vouloir enlever dans la foulée "tout sauf la piqure" parce que mon dossier psy (qui fait peur) a été lu et que je suis devenue une usagère exceptionnel. J'ai toujours été calme. Mais ça m'a bien refroidie d'avoir voulu parler d'égale à égale avec la psychiatre. Chercher un autre psy, qui sera donc privé hein et pas au CMP. Avec pas de tiers payant.


Après ça on doit croire au respect des usager-es ? Que la relation est égalitaire, et que "le patient au centre des soins ? Parce que la Charte du Patient Hospitalisée est affichée au mur ? Je n'y crois plus.


Ras le cul




jeudi 1 septembre 2016

Ma psychophobie intériorisée

Je n'ai longtemps pas eu conscience d'être schizophrène, il y a encore deux ans je l'ignorais. Quand j'ai rencontré mon actuel aimé je le lui ai dit avant que nous ne soyons ensemble en ces termes "J'ai des troubles schizoaffectifs"; quand il m'a demandé ce dont il s'agissait j'ai répondu "Des espèces de troubles bipolaires, schizo je sais pas pourquoi" façon de dire "c'est pour décorer en fait". Mais c'est ce que mon psychiatre me disait. Cela est plus récemment, quand je parlais du fait que je me sois vue décompenser à travers la folie, il m'a dit "c'est ça qui ne fait pas schizophrène" Ma dernière décompensation en cure l'a été sur un changement de traitement psy par le médecin psychiatre du centre de cure. Je ne me savais pas schizophrène, toujours et il m'avait dit à la lecture de mon ordonnance "Je ne vous vois pas schizophrène" ce qui m'avait grandement soulagée et libérée. J'avais abondé en ressortant mon histoire de pas vraiment schizo, plusieurs diagnostics reçus, hospitalisations humanitaires car intoxications alcooliques et médicamenteuses chronique qui créaient les troubles bizarres. Traitement modifié, j'ai décompensé vite et de manière très impressionnante, car sur un mode quasi-catatonique.
Un médecin qui me recevait pour une expertise (d'arrêt longue durée) m'a accueillie d'un "bonjour ! Alors vous êtes un peu déprimée, vous ne voulez plus travailler" avant de se sentir péteux quand je lui ai expliqué mes troubles et montré mes cicatrices.

Quel sont les points communs à ces deux petites histoires ? Mon déni d'abord, qui est un mécanisme de défense, lors d'un deuil notamment, mais habituellement moins long (là je parle de 20 ans de vie si je ne compte pas la dépression infantile); la réaction des médecins quand ils me voient en période de rémission (ou en cours de rétablissement maintenant), donc "normale" ne me pensent pas comme schizophrène. Parce que pour elleux une "vraie psychotique" délire, n'a pas conscience de ses troubles, "a l'air folle" quoi.

Et j'ai longtemps pensé de cette manière là aussi. Et si je suis convaincue que c'était une défense, je suis certaine aussi que ça a été prolongé et entretenu par cette pensée soignante, et le fait que je sois moi-même soignante, et très intéressée depuis longtemps par la psychiatrie a fondé ma croyance en les paroles des médecins. Qui dit que la psychose c'est mal. Et flagrant, que ça se voit sur la tête. Et comme ça m'était insupportable d'être "folle", et que la moitié du temps je ne l'étais pas, cela a nourri mon déni : cette pensée soignante dit sans dire (car ne mentalise pas je crois) qu'il y a les "vrais schizophrènes" et les "personnes avec des troubles qui permettent un rétablissement", celleux qui travaillent à l'exterieur et celleux qui ne le peuvent pas, les anormaux et les pas tout à fait normaux parmi les usager-es, es graves et les pas graves, les foutu-es et celleux pour qui on a de l'espoir. Si un-e parti-e pour être schizophrène se révèle stable entre les crises, c'est "qu'iel n'est pas schizophrène", on modifie le diagnostic... et le pronostic.
Cela m'a ironiquement piégée en tant qu'infirmière schizophrène (on peut pas être des deux côtés de la barrière spas) mais aussi en tant qu'usagère de la psychiatrie.
Celui nuit à beaucoup de schizophrènes "exceptionnel-les comme moi" car cela influe sur les soins, la politique de soins, le traitement, le relationnel soignant-es usager-es.

Ce point de vue psychophobe "vrai fou" "pas trop fou ça va" prend racine également dans la manière dont la médecine a longtemps traité les psychotiques, coercition, renfermement, dont la folie est depuis longtemps (toujours en Occident ?) considérée comme une maladie contagieuse méprisable. Ce point de vue est aussi celui de la société, celui qui a fondé ma psychophobie intériorisée : je ne suis pas vraiment malade, donc je le fais exprès (alcool et autres toxiques produisant...) pour rechercher l'attention, je me plains pour rien, d'autres personnes ont plus grave (comme s'il fallait hiérarchiserles troubles psy) et surtout en fond constant : omg non pas ça dites moi que ce n'est pas ça. Cette chape de pas avoir entendu au sens psycho le diagnostic pendant 15 ans. Quand je l'ai réalisé j'ai ressenti un tel soulagement en même temps que la douleur (et je suis beaucoup plus stable depuis) !

On n'a pas fini de lutter pour que tout aille de l'avant.

Pourquoi dis-je "psychophobie"

Je m'érige contre une norme de principe mainstream

- Je le dis parce que c'est souvent sans conscience du mal produit, comme beaucoup d'oppressions. De mauvaises habitudes qui semblent minimes peuvent occasionner de gros dégâts in fine, ou encore "les petits ruisseaux font le lit des grands fleuves"
- Parce qu'on m'a déjà traitée de "sale folle" dans la rue et en privé. Et sur Internet, est-il besoin de le dire.
- Parce que la contention qui se généralise en Hôpital Psy
- Parce qu'à ma banque on m'a refusé un retrait qui m'avait pourtant été autorisé avec ma forme de curatelle en me demandant de justifier le document du Jugement (deuxième curatelle, simple celle-là) Et que l'agente bancaire a dit à sa collègues "elle est sous curatelle" et elles ont ri.
- Parce que le fait que certain-e-s de mes proches soient respectueux avec mes NA et moi me parait miraculeux, alors que ça devrait être la norme
- Parce que l'Art Brut, qui romantise la folie, paye peu ou pas les artistes en se faisant un blé monstre dessus, et cache cela sous un tapis de "c'est de l'Art réalisé par des personnes jamais formées". Par contre l'Art par des fous existe, et devrait être respecté.
- Parce que les thrillers innombrables sur des dits-schizophrènes qui tuent, violent et mutilent, voire mangent les gen-tes en série
- Parce qu'on rit au dépend des pathologisés mais rarement avec elleux.
- Parce que "situation schizophrene " aux infos "situation borderline" au bureau "psychose collective" à la radio
- Parce qu'au commissariat avant une garde à vue la médecin appelé n'a pas jugé bon de me procurer des soins quand j'ai dit avoir besoin de mon traitement psy surtout sur une situation aussi anxiogène et que j'ai été transférée aux "cachots" quand j'ai été agitée en cellule "de luxe", cachots où on m'a laissé hurler pendant six heures
- Et parce que le policier qui m'a sortie de cellule et laissé (gentiment) fumer une clope m'a dit "vous ne devriez pas prendre ce traitement : vous avez vu la loque que vous êtes ?Je dis ça pour vous"
- Parce que pour trop de monde "les terroristes" sont "des fous". Dans bien trop de média aussi.
- Parce que "schizophrénie" signifie beaucoup trop "deux personnalités distinctes (dont une malsaine)" pour bien trop de non-pathologisés. Parce que NA ou pathologie signifie forcément malsain-e pour beaucoup de gen-tes
- Parce que "tu te plains pour rien" Non.
- Parce que "c'est dans la tête que ça se passe". Ben oui. C'est pas dans les pieds
- Parce que "tu devrais sortir" "tu devrais voir plus de monde" "tu devrais faire un effort quoi" et si je peux pas ?
- Parce que les injonctions au bonheur avec l'accusation sous jacente que si tu l'es pas tu es forcément mauvais-e vivant-e, victime de la société consumériste (lol) et pas très pertinent-e ni ouvert-e d'esprit. Gosh, if you knew
- Parce que les conseils de santé de la part de gen-tes non concerné-es avant même de savoir plu avant. En vrac, liste non exhaustive "tu devrais prendre plus de médicaments" "tu devrais pas prendre des médicaments t'en as pas besoin/ça rend malade/t'as juste une personnalité comme ça" "tu devrais faire du yoga" "tu devrais faire du sport" "les benzodiazépines rendent dépendants" "t'as essayé la verveine ?" On s'occupe de nou-es même comme on veut et surtout comme on peut.
- Parce qu'il y a eu l'élimination des malades mentaux et des inadaptés sociaux durant la Seconde Guerre Mondiale
- Parce qu'avant ça il y a eu la psychiatrie asilaire et les services de défectologie (usager-es déficitaires)
- Encore avant la Nef des fous où les fou-olles étaient déplacé-e vers des terrains de rase campagne depuis les ville
- Parce que maintenant il y a une dérive sécuritaire dans les politiques de soins de psy
- Parce que "parano", "schizo", "débile" sont utilisés comme insultes. Et qu'il existe les termes injurieux de "golmon", "taré",..., et "qu'"hysterique" est resté dans le langage comme insulte et comme pathologie, alors qu'on parle maintenant de "syndrôme de conversion".Parce que "t'es dingue" est utilisé par tout le monde (même moi parfois) au troisième degré le deuxieme signifiant "t'es tellement pas un fou mais c'est lol de te parer faussement de leur flamboyance et/ou de leurs symptômes dégueulasse", le troisième degré, celui qui est caché à tous, c'est que la folie est dégueulasse.
- Parce que la camisole chimique sur du long terme
- Parce que les pharmacien-nes sont toujours plus rigoureux avec moi et mes ordonnances de médicaments psychotropes qu'avec les autres gen-tes que je connais qui ont besoin d'autre chose, alors que je n'ai jamais détourné d'ordonnance. Un proche  peut avoir une boite de somnifères sans ordonnance, alors que mon traitement psy inquiète sur mes intentions
- Parce que les campagnes de prise en charge de la douleur ne parlent pas de la douleur psychique. On m'a jamais demandé de noter ma douleur psy sur une échelle de 1 à 10 , la physique, si
- Parce qu'en hôpital psy a contrario la prise en charge somatique est bancale. Que j'ai déjà vécu un abcès dentaire puis sont eclatement sans recevoir de soins dentaires ni pouvoir m'y rendre moi-même

lundi 29 août 2016

L'ambivalence face aux soins pour les Nul-les

JTM mais tu m'persécutes bb


Est-ce un reproche, une constatation ? Bien souvent il est dit que les usager-es des psy* privés ou publics, des CMP et surtout des hôpitaux psy sont ambivalents face aux soins. Que nous en voulons et n'en voulons pas, que nous aimons nous nous méfions, que nous allons et venons.
Oui, je veux des soins, j'en ai besoin et en suis consciente. Oui, mais c'est comme tous les consentements, il ne s'agit pas seulement de dire "oui" ou "non", encore faut-il avoir le choix de son oui, de son non, de son "oui mais" "non mais".
Quand j'entre à l'HP, je vois le psy (souvent un interne) qui établit avec moi un contrat de soin.
Lol, j'déconne.
Je vois le psy qui m'impose un cadre, souvent très strict, pas négociable, si je suis pas d'accord je peux me casser et me passer de soin pour voir un peu si j'aime pas être en pyjama.
Les mots sont importants, il ne s'agit pas d'un contrat de soins passé entre deux parties à égalité (comme, j'en suis fermement convaincue, il se devrait) mais un médecin tout-puissant qui va imposer, parfois sans l'expliciter, un cadre sécuritaire pour son propre confort et sa propre sécurité. Parce que sérieux, pas pouvoir aller boire un café à la cafet' de l’hôpital ou passer deux appels par jour, je pense pas que ça soit pour ma propre sécurité et ma propre aise.
Ça pose les bases. Et je ne pourrai jamais le contester, ou argumenter, ou assouplir un temps soit peu ("elle cherche la faille""iel essaye de transgresser") sans qu'on me dise que c'est le contrat que j'ai passé avec le médecin. Obéis ou crève, voilà le contrat.
Par rapport aux équipes, on nous reproche d'être méfiant-e-s, trop familie-res, distant-e, de cliver (scinder psychiquement les équipes avec d'un côté les bon-nes et de l'autre les mauvais-es)
Méfiant-e : en plus des troubles (je suis paranoïde donc, donc ouais) j'ai du mal à faire confiance à une personne qui a fouillé mon sac à main et mes petites culotte pour me confisquer mon échantillon de parfum pour mon bien. Il m'est arrivé aussi de tomber sur des gen-tes pervers-es à force de respecter le cadre à la lettre, cf le billet précédent où j'ai du prévenir mon boulot en deux jours alors que j'étais hospitalisée en urgence. Ou dans "sortie accompagnée une heure" de me refuser la sortie avec mon père car il n'est pas précisé "accompagnée de sa famille". Excusez-moi de pas me fier à ces personnes.
Trop familie-res : on me l'a jamais reproché, sauf face aux autres usager-es (???) Oui OK ça peut aussi signer des troubles (hypomanie, toussa) mais rechercher du réconfort dans des moments d'angoisse et se sentir particulièrement proche d'une personne a qui on a confié ses angoisses les plus profondes et ses secrets les mieux enfouis, ça me parait pas dingue.
Distant-e : cela m'a été notifié, je ne parlais pas assez avec les infirmie-res. Alors dans ce service les infirmie-res étaient le plus souvent enfermé-es dans le bureau. En plus aller les voir, OK, mais pour dire quoi ? C'est un peu chaud de nous poser dans la chambre en disant "on va vous aider" et on a envie mais on sait pas quoi faire pour aider les équipes à nous aider. Avec les ateliers, c'est plus facile. Initier soi-même un entretien comme ça, j'ai jamais su.
Clivant-e : ben comment dire, sans parler des affinités particulières, certain-es membres d'équipes sont de vrais têtes de con. Ne nous voilons pas la face, j'ai été inf aussi et j'ai d'ailleurs aussi été la pas fiable de l'équipe, il y a parfois, le plus souvent (mais moins maintenant j'ai l'impression) des gen-tes réellement méchant-es, pervers-es ou je sais pas, pas fiables. Tout le monde le sait dans l'équipe mais au nom de la cohésion du discours iels sont pas contredits ou repris. Alors oui, y'a des bons et des mauvais.


J'ai bien conscience qu'on peut pas avoir toute l'hospit "à la carte" et que parfois il y a des contraintes liées à mon état, au manque de personnel, de moyens... Par contre quand on me dit "c'est pas le club Med" pardon mais pouvez-vous répéter ? Vous pensez qu'on vient à l'hosto pour se dorer la pilule en salle télé fumeur ? Lulz.

Donc voilà, des soignant-es géniauxles m'ont aidée énormément, certain-es m'ont même sauvé la vie, je serais morte sans l'HP, sans doute et j'ai besoin de soins. Mais y'a des couacs. Et c'est beaucoup ça mon ambivalence. Pas (ou pas seulement) "la colère de se savoir dépendant-e"

Top 10 des trucs absurdes entendus en HP




- "On va faire l'inventaire" à l'entrée. Pour pas dire "On va fouiller toutes vos affaires personnelles". Et on ne fait jamais l'inventaire à la sortie.

- "Vous avez vu que vous pouviez survivre à la chambre forte. Nous on n'en était pas surs". Tu sais la chambre de contention, là où on te cloitre pour te protéger de toi-même

- Après un appel à ma cadre pour prévenir de l'arrêt maladie, tombée sur une collègue qui me conseille de rappeler dans une heure "Vous avez passé votre coup de fil. C'est un par jour a dit le médecin"

- "On sait qui vous a volé votre argent mais on ne peut rien faire. Vous pouvez comprendre, "ils" ne sont pas comme vous"

- "Il faut vous laver tous les jours" "Mais la douche est fermée la plupart du temps" "Vous semblez un peu persécutée"

-"Donner votre linge à laver à votre maman vous garde dépendante. Vous le donnerez à la lingerie de l'hôpital désormais" et faut le marquer au feutre.

- "Non, vous ne pouvez pas avoir vos livres dans la chambre forte. Vous pourriez vous faire du mal avec"

- "Maintenant vous allez vous mettre en pyjama. Non, pas le votre, le bleu de l'hôpital"

-"Faut vous laver les cheveux là" quand enfermée en chambre ça fait des jours que j'ai pas eu droit à la douche

-"Le médecin n'a pas noté le dosage du Lexomil, je ne peux pas vous le donner" à 18h, sans proposer d'appeler le médecin, et alors que je sais qu'il n'y a qu'un dosage de Lexomil.

dimanche 28 août 2016

Seresta et réflexions sur les benzodiazépines

D'un S qui veut dire Seresta
 
 
Le Seresta et les benzodiazépines (BZD) en général sont une grande histoire d'amour et de crainte pour moi. Ainsi quand j'ai lu ce billet je me suis sentie comprise.

J'ai été dépendante au Zolpidem durant une année, et je parle d'en prendre beaucoup, tout le temps, et c'est hallucinogène et confusant. Je ne parle pas de l'accoutumance qui vient quand on prend un hypnotique un peu trop longtemps, mais du vrai détournement de la molécule à des fins ludiques. Ça a été l'horreur. J'avais auparavant été mise sous Tranxene 50, xanax et lysanxuia à l'adolescence, sans trop d'effet sur mes angoisses, aussi bizarre que cela puisse paraitre.

Sevrée, de moi-même à 30 ans, je n'ai repris de BZD qu'il y a deux ans, sous forme de ce Seresta, la plus petite dose (10mg, il en existe du 50mg), d'abord pour le sevrage alcoolique, ensuite comme pur anxiolytique en plus du Tercian.


Et je me sens coupable d'en prendre. Pourtant je ne le détourne pas de son usage, je le prends aux doses prescrites, je ne bois évidemment pas d'alcool avec.
Ma psychiatre veut le supprimer de l'ordonnance en priorité. "Parce que les benzos..." sous entendu, parce que les benzo ça sert pas à grand chose sur la pathologie, c'est plutôt des Treets (ami-e des années 80 tu sauras de quoi je parle)(ami-e plus jeune c'est l'ancien nom des M&M's,)

L'article linké plus haut m'a fait réfléchir à cette grande culpabilité. Mon problème est que "les benzos j'aime bien ça", comme je le dis. Parce que c'est agréable. Parce que ça agit vite, parce que je me sens spécialement détendue sous faible dose de BZD.

Et alors ? Les BZD ne combattent pas les mêmes angoisses que les neuroleptiques sédatifs. Oui, elles détendent aussi le corps. Oui avec je me sens parfaitement bien, et j'en ai bien le droit. Mon fond anxieux est permanent, ça va de doucement préoccupée à tétanisée (ce qui est de plus en plus rare) et oui, le Seresta est un médicament qui est utile sur mes troubles (anxieux ici)(et allo, c'est bien un anxiolytique)

Le problème est que quand on est pathologisé, quand on est malade psy, les phrmacien-nes se méfient de nos traitements, c'est courant. On a droit au double préjugé "mais c'est une drogue" + "de toute façon c'est psy c'est pas vital" Or nous savons que c'est un médicament, et que "le psy" est vital.

On lit et on entend beaucoup de gen-tes, NT surtout, pester contre "celleux qui en prennent comme des bonbons", que ça devrait être plus sévèrement réglementé, moins prescrit, qu'en France on en consomme trop.

Je sais pas, c'est vrai que les français-es consomment beaucoup de BZD, mais c'est peut-être aussi car nous avons un accès aux soins particulièrement efficace. Pas parce que nous sommes plus anxieuxses ou en addiction.

Oui, le produit peut être détourné, j'en suis l'exemple avec Zolpidem (qui est très particulier, étant un hypnotique et du fait de son action atypique euphorisante et hallucinogene, ce que ne sont pas les autres benzo). Mais il me semble que ça reste marginal et je ne vois pas pourquoi punir tous les NA de comportements égalemment NA d'une minorité.

Le grand tabou me semble le "plaisir" pris en même temps que le soin. Comme si cela était incompatible. Mais il s'apparente au plaisir de ne plus avoir mal au crâne en permanence grâce à une moléculoe nouvelle, ou au plaisir de pouvoir respirer pleinement après la première prescription de Breezhaler. Et même si ça rendait tout-e content-e hein. On va dégager le soin car plaisant ? La morphine aussi c'est plaisant, mais utile à celleux qui souffrent. Les BZD sont utiles à celleux qui souffrent aussi. Et les usager-es sont conscients des risques d'accoutumance et de dépendance. Les médecins nous le rappellent.


Je rage de plus quand j'entends que certaines BZD pourraient être déremboursées : traitement de confort. De confort vraiment ? Prendre un Tercian supplémentaire me calme au bout de 30 à 45mn. Une BZD sous la langue : 5 à 10mn. Ca compte en crise d'angoisse, en attaque de panique, je le garantis.

On nous fait peur en nous disant qu'elles pourraient être un facteur favorisant l'apparition de démences dans le grand âge. Fuck, les BZD ont mauvaise réputation. Tellement que celleux qui en ont besoin culpabilisent de les prendre.

samedi 27 août 2016

Capable oui, mais

En avoir ou pas, de la pêche
Je me trouve un peu entre deux feux sur une question qui interroge en ce moment : tu es capable de/ça serait bien si tu (travaillais, arrêtais de fumer, mincissais) maintenant que tu vas bien. vs Mais
C'est hyper positif et j'apprécie qu'on ne m'infantilise pas et qu'on me sache capable. Travailler (parfois douze heures par jour) ou peser 60kg après un régime je l'ai fait par le passé (et il n'y a pas si longtemps que ça)
Cependant, travailler j'ai renoncé (parce qu'on a beau croire j'aime bien bosser, alors Dad, qui a dû mal avec la retraite à 65 ans, imagine à 40) parce que des échecs flamboyants et douloureux (et longs à remonter) à 4 reprises (je suis obstinée mais au bout de vingt ans je finis par comprendre), et je n'ai pas vraiment envie de m'astreindre à un régime/ à un sevrage tabagique, qui vont être pénibles à vivre (comme beaucoup de choses me dira-t-on) Et je ne fais pas spécialement grand chose de mes journées. Peut-être que je suis une grosse couleuvre hein (mais je ne crois pas) cependant j'en ai tellement chié durant mes (multiples et longues) décompensations, ça gonfle tellement (et ça freine) le fond anxio depressif larvé (ou pas larvé hein y'a des phases c'est la fête) depuis 35 ans que fokof, j'ai envie de rester sur mes acquis. Peut-être pas hyper longtemps et pas pour tout, mais je demande une retraite quoi.
En thérapie par la parole avec ma psychologue adorée Jany j'ai évoqué le fait, qu'elle a validé, que chaque effort fait (et allo, se passer d'alcool, etre sous cachetons et sortir de la catatonie ça fait du taff) est comme pour l'enfant mais en chiant. Enfant on apprend chaque jour, c'est positif mais parfois on peut etre en colère parce que c'est comme la mer cet effort, sans cesse recommencé. Apprendre à manger seul-e, à être propre, à se laver seul-e etc. Y'a toujours une nouvelle tâche à apprendre.
Ben mes troubles c'est pareil, par tranches de 5 ans. Je repars pas de zéro mais quasi. J'apprends à contenir mes angoisses (voire mes délires et hallus), j'apprends à prendre des neuroleptiques au gramme et à dormir, je réapprend à faire ma nuit complète, je réapprends (sauf dernièrement) l'hygiene corporelle, etc. On me dit "tu reviens de loin" et oui, et j'en reviens à pieds, dudes. 

Donc ça semble long parce que le cycle est long, mais posay tranquille, comme vous les NT en vacances, c'est à dire en vacances dans ma tête, je me relaxe complet. Et puis je redémarre. Mais arrivée au sommet du col, je souffle un peu. Ce "un peu" peut durer 1 ou 2 ans. Peut-être que ce "un peu", dans des conditions optimales, peut durer plus.

Mais please, laissez moi mes grandes vacances.